CRITIQUE DE LIVRE : MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS

Bonjour ! Cette fois-ci, je vais vous parler de la trilogie  Miss Peregrine et les enfants particuliers. Il se trouve que c’est la bande-annonce du film (avec aux commandes Tim Burton, mettant en scène Eva Green ^^) qui m’a décidé à me plonger dans cette lecture, mais les couvertures des livres auraient sûrement conduit au même résultat. J’ai opté pour la version anglaise hardcover (impossible de mettre la main sur une version française reliée, même si une collègue me jure l’avoir vue en librairie…), et j’ai lu les deux premiers en français et le dernier en anglais.

Les livres sont donc reliés, avec des couvertures de couleur unie différente pour chaque tome (rouge, bleue et verte) avec des fers à chaud dorés ou argentés reprenant les noms des personnages. La jaquette quant à elle est en noir & blanc, avec toute fois une encre métallique argentée pour éviter un rendu trop plat. De nombreuses pages du livre sont imprimées en couleurs (les pages de chapitre et les pages de photographies. Mais ça ne s’arrête pas là, puisque dans la version coffret, on a en plus droit à une enveloppe contenant 12 photographies.


Miss Peregrine_fiche technique copie copieMiss Peregrine et les enfants particuliers
de Ransom Riggs

« Je venais juste de me résigner à vivre une vie ordinaire,
quand des événements extraordinaires se sont produits.
Le premier m’a causé un choc terrible et m’a changé définitivement,
au point de couper mon existence en deux : Avant et Après.
Comme la plupart des bouleversements à venir, il concernait mon grand-père,
Abraham Portman »
 

Jacob Portman, 16 ans, écoute depuis son enfance les récits fabuleux de son grand-père. Ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du pays de Galles, où ses parents l’avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y a été recueilli par Miss Peregrine Faucon, la directrice d’un orphelinat pour enfants « particuliers ». Selon ses dires, Abe y côtoyait une ribambelle d’enfants doués de capacités surnaturelles, censées les protéger des « Monstres ». Un soir, Jacob trouve son grand-père mortellement blessé par une créature qui s’enfuit sous ses yeux. Bouleversé, Jacob part en quête de vérité sur l’île si chère à son grand-père. En découvrant le pensionnat en ruines, il n’a plus aucun doute : les enfants particuliers ont réellement existé. Mais étaient-ils dangereux ? Pourquoi vivaient-ils ainsi reclus, cachés de tous ? Et s’ils étaient toujours en vie, aussi étrange que cela puisse paraître…

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Rançon Riggs nous embarque dans un univers nous promettant une ambiance très particulière, Tim burtonnienne en un sens (Oui ! C’est un mot inventé, et alors ?), renforcée par les vieilles photographies noir & blanc qui émaillent le récit. Si le début se passe en Floride, dans une ville tout à fait normale (et ennuyeuse), on est rapidement entraîné par Jacob et sa quête de vérité sur une petite île parfaitement bien décrite (on imagine sans peine la tête des habitants, l’aspect du pub, …) où l’on va finalement pouvoir pénétrer dans le monde des Particuliers. Ces derniers vivent reclus, loin du monde qui n’a pas toujours été tendre avec eux, dans des boucles temporelles figées dans le temps, et dont ils ne peuvent sortir que brièvement sous peine d’être rattrapés par leur âge véritable. Si Jacob ne cherchait à l’origine qu’à connaître la vérité sur la réalité de leur existence, il se voit rapidement lancé dans une course-poursuite à travers différentes places et époques, pour secourir les Particuliers et les Ombrunes, gardiennes des boucles, enlevés par des êtres monstrueux aux intentions plus que sombres…

Au final, j’ai été un peu déçu par cette trilogie. Non pas en raison du roman lui-même, de ses personnages ou de l’univers mais parce que la couverture, les vieilles photographies et les têtes de chapitre me vendaient toutes une aventure étrange, bizarre et effrayante dans la veine de « American Horror story ». L’aventure a mis du temps à réellement se mettre en place et l’action était un peu pauvre jusqu’à la deuxième moitié du second volume : j’ai trouvé que l’aspect « Particulier » n’était pas utilisé au maximum de ses possibilités, cantonnant l’histoire dans une simple fuite/chasse à l’homme où les pouvoirs interviennent de manière presque anecdotique pour aider nos héros à s’extirper de situations périlleuses. J’aurai aimé que ce soit plus présent au cours de l’histoire. Le dernier volume au contraire à su retenir toute mon attention et j’ai eu du mal à le poser. La tension y est à son comble, le lieu où se déroule principalement l’intrigue était aussi très « particulier » et plein de caractère, et pour une fois, mon imagination a pu s’envoler. On a en outre droit à toute une série de personnages intéressants et plus colorés que ceux rencontrés précédemment.

Pour en venir aux personnages justement, j’ai là aussi de petits regrets : le premier tome nous introduit tout une galerie d’enfants particuliers, plutôt charismatiques pour la plupart mis à part l’un d’entre eux, mais il est justement créé pour être détesté et ça fonctionne plutôt bien. Les plus jeunes en particulier sont très touchants (mention spéciale pour la petite Olive). Miss Peregrine est également parfaite dans son rôle de gardienne « victorienne », et si elle est souvent stricte et sérieuse, on découvre progressivement que sous cette première couche un peu sèche, elle est très concernée par le bien-être de ses protégés et qu’elle fait également preuve d’une certaine forme d’humour; À ce titre je l’assimile beaucoup au professeur Mcgonagall. Malheureusement le développement de ces personnages, dont la personnalité se borne souvent à leurs pouvoirs,  est très pauvre, et de surcroît limité aux deux principaux protagonistes, Jacob et Emma, victimes tous deux d’une terrible malédiction : l’insta-love. Vous l’aurez compris, j’ai trouvé cette relation amoureuse plutôt ridicule et peu crédible et un peu glauque étant donné le premier amour d’Emma. Ça aurait pu fonctionner si ça avait été amené progressivement, mais ce n’est malheureusement pas le cas (je t’aime, tu es la plus belle fille que j’ai jamais vu ! sic). J’ai d’ailleurs eu l’impression que l’auteur lui-même ne savait pas toujours quoi faire de ses personnages, au point d’en abandonner certains au cours de l’histoire. Quant au grand méchant, que l’on ne découvre vraiment qu’au tome 3, je l’ai ma foi trouvé… ridicule et pas particulièrement effrayant.

Les photographies pour leur part, si elles confèrent à ce livre son caractère si particulier, m’ont parfois donné la sensation quelles étaient de trop, comme si l’auteur avait à tout prix voulu en intégrer certaines, et pour ce faire forcé le récit à s’adapter en fonction. On se retrouve ainsi avec des personnages introduits brièvement et disparus tout aussi rapidement pour justifier une photographie, ce qui, au-delà de rendre l’ensemble un peu maladroit, interrompt souvent le cours du récit. Au final, je m’interroge beaucoup sur la méthode de travail de l’auteur : à t-il créé son histoire pour ensuite intégrer des photographies pour l’illustrer, ou a-t-il sélectionné une série d’images et ensuite brodé une histoire autour ? Essaye-t-il de nous vendre une histoire, une aventure, ou sa passion pour les vieilles photographies…?

Miss Peregrine et les enfants particulier n’est pas un mauvais roman tout bien considéré (je lui donnerais 14/20) mais j’ai beaucoup trop eu l’impression de lire une succession de petites histoires/scènettes présentant un univers et des personnages particuliers avant de vraiment être embarqué dans une aventure. Je m’attendais aussi, de par l’emballage (ne jamais se fier à une couverture !!!), à un roman horrifique et étrange, mais si l’idée de départ d’utiliser des photographies insolites et singulières pour installer une ambiance était plutôt bonne, le résultat n’est malheureusement pas toujours au rendez-vous. Le roman reste un très bel objet, et qui sait, le film réalisé par Tim Burton, réussira peut-être, où l’auteur à échoué, à nous délivrer une histoire horrifique et fantastique à souhait !

Univers/originalité :
Personnage/charisme :
Histoire/ressenti :
Objet livre :
Moyenne

 

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About the author

Graphiste dans le monde de l'édition, je vous propose de vous faire découvrir cet univers professionnel, ainsi que des chroniques littéraire et des ouvrages à la fabrication remarquable.

9 comments on “CRITIQUE DE LIVRE : MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS”

  1. le coin lecture d'Emilie Répondre

    Alors pour ma part je n’ai lu que le tome 1 pour l’instant, le tome 2 est dans ma PAL. J’avais bien aimé l’idée des enfants particuliers. Et je trouve le livre objet magnifique avec toutes ces photos. Comme toi j’ai cru que le genre serait plus horrifique que ça mais je n’ai pas été déçue néanmoins.
    Et pour répondre à ton interrogation, j’ai lu un article qui mentionnait que Ramson Riggs collectionnait les photos étranges depuis un moment et c’est de ces photos que lui ai venu l’idée du roman.
    J’ai hâte de voir l’adaptation de Tim Burton dont je suis une grande fan ^^

    • Mathieu Répondre

      Je suis tombé sur le blog du graphiste qui avait réalisé les couvertures, et il y a pleins d’infos super intéressantes : http://faceoutbooks.com/Miss-Peregrine-s-Home-for-Peculiar-Children.
      Oui j’ai été déçu parce que le genre ne collait pas avec mon ressenti premier au vue de la couverture, mais même ensuite, je me suis un peu ennuyé pendant la lecture des 2 premiers tomes (jusqu’au moment où ils retrouvent la dernière umbrine)

  2. Dorine Dujardin Répondre

    Comme toi c’est la BA qui m’a donné envie de lire le livre, je l’ai acheté mais toujours pas lu (comme souvent, malheureusement) il faut vraiment que je me lance !
    J’aime beaucoup ton blog il est très beau, c’est toi qui a fait ta bannière ? Elle est magnifique !

    • Mathieu Répondre

      Ah merci :). Oui c’est moi qui est fait le design. J’espère que tu appréciera la lecture, mais ne t’attends pas à retrouver exactement l’ambiance de la bande-annonce !

  3. La route des lecteurs Répondre

    J’ai lu le premier tome il y a quelques mois (d’ailleurs, je compte lire le tome 2 ce mois-ci) et j’avais adoré 😀 J’avais trouvé l’univers fantastique très bien trouvé et surtout intéressant !

    Par contre, la plupart pense avoir peur avec cette trilogie mais cela n’est pas le but premier, je pense.

    • Mathieu Répondre

      je ne pensais pas avoir peu mais au moins frissonner un peu, avec vraiment une ambiance à la « american horror story »

        • Mathieu Répondre

          Ça dépend des saisons. Certaines sont plus « malsaines » qu’effrayantes. Perso je n’ai pas vu la deuxième (dans un asile, ça me fait trop peur) mais j’ai adoré la 3e (sur les clans de sorcières)

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