CRITIQUE DE LIVRE : LES FERRAILLEURS 1 – LE CHÂTEAU

On se retrouve aujourd’hui pour parler du tome 1 de la série Les Ferrailleurs – Le château, qui m‘a été conseillé par Emily de cafe-powell. Une drôle de petite lecture pour être honnête ! Le livre de son côté est magnifique, il me rappelle énormément Les chroniques de Wildwood. La couverture est en papier épais texturé mat avec rabat, et les illustrations sont de l’auteur lui-même, ainsi que les illustrations N&B intérieures.



ferailleursT01_fiche-technique-copieLes Ferrailleurs I – Le Château
de Edward Carey

« La demeure des Ferrayor, notre château, notre palais, était construit,
je le voyais maintenant,
non pas avec des briques et du mortier,
mais avec du froid et de la douleur,
ce palais était un édifice de méchanceté, de noires pensées,
de souffrances, de cris, de sueur et de crachats.
Ce qui collait le papier peint sur nos murs, c’étaient des larmes.
Quand notre demeure pleurait, elle pleurait parce que quelqu’un d’autre dans le monde
se souvenait de ce que nous lui avions fait.
  »

Résumé éditeur :
Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations. Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu une bonde universelle – et, pour son malheur, un don singulier : il est capable d’entendre parler les objets, qui ne cessent de répéter des noms mystérieux…
Tout commence le jour où la poignée de porte appartenant à Tante Rosamud disparaît ; les murmures des objets se font de plus en plus insistants ; dehors, une terrible tempête menace ; et voici qu’une jeune orpheline se présente à la porte du Château…


Une drôle de petite chose que ce roman là ! Le récit se déroule dans une Angleterre du 19e à l’ambiance étrange, et plus précisément en lisière de Londres dans la Banlieue de Filching. Là se dresse une étrange demeure appartenant à la famille des Ferrayors, qui règne en maître sur un domaine fait d’un amoncellement d’ordures et d’objets rejetés par la capitale. Le « château » qui s’étend sur plusieurs étages aussi bien en surface qu’en profondeur, abrite tous les membres d’une même famille pourtant séparée en deux castes bien distinctes : les sang-purs en haut, maîtres respectés, et les autres possédant le sang des ferrailleurs via un parent plus ou moins proche, faisant office de serviteurs. Une étrange coutume familiale veut que chaque membre se voit remettre un objet de naissance, dont il ne devra jamais se séparer et qu’il devra conserver au plus près de lui à chaque instant… Notre jeune héros, Clod, à une capacité bien particulière qui lui vaut d’être rejetés par ses pairs : il est capable d’entendre parler certains objets, qui s’obstinent à répéter inlassablement un nom et un prénom. Cette histoire commence le jour où l’une de ses tantes perd sa poignée de porte et qu’une parente lointaine retrouvée rejoint la caste des serviteurs…

L’auteur nous propulse dans un univers vraiment étrange, biscornu et tarabiscoté, à l’ambiance gothique et sombre et parfois un peu absurde. Tout semble gris, obscur, blessé, tordu, et j’ai vraiment eu l’impression de me retrouver plongé dans un film de Tim Burton, avec ces personnages caricaturaux dans leurs physiques. Ils sont grands, petits, gros, maigres, de travers, bossus. Ils ont les genoux noueux, les cheveux filasse, une narine plus grande que l’autre, les dents de travers et pas très blanches. Et les objets parlent, murmurent, gémissent se déplacent et la tempête gronde à l’extérieur, agitant le dépotoir et provoquant des vagues menaçants de tout engloutir. Je vous conseille de lire ce livre bien au chaud dans votre lit !

Le récit alterne à chaque chapitre entre les deux personnages principaux, Clod Ferrayor et Lucy Pennant et l’écriture, à la première voix, s’adapte en fonction du narrateur : plus posée, élégante et châtiée pour le premier, plus brusque, saccadée et brute de décoffrage pour la seconde. On découvre à travers eux l’organisation de cette mini société, au travers du prisme conditionné de Clod, et de l’innocence naïve de Lucy qui débarque dans cette demeure après avoir vécue toute sa vie à l’extérieur, bercée de préjugés et d’histoires à propos de cette étrange famille. Il y a quelque chose de très malsain d’ailleurs. Chaque garçon se doit d’épouser à ses seize ans une cousine éloignée choisie par avance. Tous, Ferrayors du dessus ou du dessous, sont embrigadés, formés – ou déformés -, manipulés pour adhérer au système. Les uns en apprenant à se comporter et à obéir jusqu’à atteindre le moment tant attendu où ils pourront troquer leur culottes contre un pantalon de flanelle, symbole de leur passage à l’âge adulte, où ils seront enfin respectés et considérés. Les autres, et c’est ce qui arrive à Lucy dès son arrivée, sont traités comme des membres à part entière de la famille, aimés, désirés, attendus au point de ne surtout pas vouloir décevoir de peur d’être rejetés. Ils se voient retirer leur nom pour ne prendre que celui de « Ferrayor », et oublie peu à peu leur ancienne vie, leur ancienne identité, leur nom, et deviennent des êtres génériques et sans personnalité. Difficile de ne pas y voir une critique de notre société…
En parallèle une étrange épidémie semble frapper les gens du dehors, qui voient d’étranges marques et fissures recouvrir leur corps, avant de se figer soudainement, immobiles, objetifiés. Lucy l’a bien vu, c’est ce qui est arrivé à ses parents et c’est la raison pour laquelle elle à fini à l’orphelinat avant d’être « retrouvée » et accueillie au château. Mais depuis son arrivée dans la maison, les objets s’agitent, leurs murmures jusqu’alors discrets se font plus forts et d’étranges phénomènes se produisent. Et tout semble graviter autour d’un mystérieux secret dissimulé par la famille, que Clod et Lucy devront percer…

Le titre se termine sur un cliffhanger et un dernier chapitre présentant de nouveaux personnages, dont on a entendu parler, mais qu’on n’avait encore jamais vu (du moins sous cette forme). Est-ce une préquelle, une suite ? Il va me falloir lire la suite pour le decouvrir…

Au final je ne peux pas dire que j’ai eu un coup de cœur pour ce roman, je pense qu’il est bien trop particulier pour cela, mais j’ai tout de même beaucoup apprécié ma lecture et les personnages, l’ambiance que ce roman dégage, et surtout le mystérieux mystère de la famille Ferrayor, et je compte bien lire la suite pour en découvrir un peu plus ! Je vous conseille fortement ce petit ovni littéraire !

Univers/originalité :
Personnage/charisme :
Histoire/ressenti :
Objet livre :
Moyenne

A

About the author

Graphiste dans le monde de l’édition, je vous propose de vous faire découvrir cet univers professionnel, ainsi que des chroniques littéraire et des ouvrages à la fabrication remarquable.

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