COUP DE CŒUR : À LA CROISÉE DES MONDES

J’ai longtemps hésité avant de faire cette chronique sur « à la croisée des mondes ». C’est un titre publié il y a longtemps déjà, de nombreuses critiques sont parues à son sujet, et sa qualité n’est plus à prouver vu le rayonnement de ce roman. Oui mais voilà, c’est l’un de mes romans préférés de tous les temps (j’exagère à peine), je le relis d’ailleurs régulièrement et je me suis dit pourquoi pas ! C’est mon blog après tout, et j’aimerais qu’il en fasse partie, et peu importe si mon avis et mes arguments n’ont rien de nouveau à apporter. Alors c’est parti !

Comme je vous l’avais déjà dit dans mon article sur la sublime édition anglaise de Folio Society, j’ai découvert ce roman vers mes 11/12 ans dans la pile de livres empruntés à la bibliothèque par mon frère, et n’ayant plus rien à lire, je le lui avais piqué. La couverture était magnifique (et l’est toujours) du moins dans sa première édition je déteste quand l’éditeur reprend les visuels du film. Les illustrations sont de Eric Rohmann, et la couverture présente un fer à chaud doré en 1re de couverture et sur le dos. L’édition Folio Society quant à elle, est constituée d’une couverture rigide recouverte d’un tissu doré/bronze sur lequel est imprimé une illustration de type gravure en encre noire, agrémentée ici et là de pantone métallique doré plus clair que la couleur de base pour mettre exergue certaines parties du dessin. Une dizaine d’illustrations sont disséminées dans chaque volume.


Croisee_fiche-techniqueÀ la croisée des mondes
de Phillip Pullman

« Tu croyais qu’il suffisait de claquer des doigts
pour posséder ce savoir, comme un don ?
Ce qui mérite d’être 
possédé,
mérite qu’on travaille pour 
l’obtenir.  »

Résumé éditeur :
La jeune Lyra, élevée à Oxford au sein du prestigieux Jordan College, dans le monde austère des Érudits, mène entre ces vénérables murs une existence intrépide de sauvageonne, en compagnie de Roger, le marmiton. Depuis quelque temps, une invisible menace semble planer sur le monde connu, une mystérieuse Poussière qui tombe du ciel. Des expéditions sont organisées vers les régions lointaines et inhospitalières du Nord, d’où semble venir le fléau. Existe-t-il un lien entre la Poussière et les nombreuses disparitions d’enfants que leurs ravisseurs semblent conduire vers le Nord, pour leur faire subir, dit-on, d’atroces mutilations? Quand Roger disparaît à son tour, Lyra n’hésite pas à se lancer sur ses traces, aidée par le peuple des gitans… Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d’un autre monde.

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À la croisée des mondes est de ces romans qui dès la première page vous prennent délicatement par la main et ne vous lâchent plus jusqu’à la dernière. Inutile de vous préciser que j’ai eu un énorme coup de cœur pour cet univers et ses personnages, en particulier la petite Lyra Belacqua.
Cette jeune fille âgée de 12 ans au début du roman, vit des journées paisibles mais bien remplies au sein du prestigieux Jordan College, en compagnie d’érudits qu’elle aime faire tourner en bourriques (les pauvres hommes) et de son meilleur ami, Roger le marmiton. Mais des disparitions d’enfants commencent à se produire à travers le pays, et lorsque Roger est enlevé à son tour, Lyra décide de se lancer dans une quête désespérée pour le retrouver. Avant de partir, le maître de Jordan Collège lui remet un objet étrange, l’aléthiomètre, capable de lire la vérité et de répondre à toutes les questions. Mais pour l’heure elle ne sait pas encore s’en servir… Au cours de ses aventures elle fera la rencontre de gitans, de sorcières et d’ours en armure, et finira même par voyager à travers les mondes pour se retrouver au cœur même de la plus grande des batailles jamais menée pour le salut des êtres conscients de tous les univers…

Et parlons en de ces univers ! Phillip Pullman nous a concocté là un monde riche, complexe et terriblement intéressant ! Lyra évolue dans un univers semblable à notre 19e siècle, avec toutefois un petit côté steampunk, dans lequel chaque individu se voit doté d’un daemon, sorte de conscience/âme extériorisée sous forme animale, et capable de parler et de changer de forme à volonté jusqu’à un certain âge où, l’enfant grandissant, il finira par prendre une forme définitive et révélatrice de la personnalité de son « propriétaire ». L’un ne peut vivre sans l’autre.
Dans ce monde l’Église possède beaucoup d’influence et les scientifiques doivent composer avec elle pour leurs recherches. Et gare si vous êtes déclaré hérétique ! Depuis peu, sa mainmise semble être encore accrue suite à certaines découvertes remettant en cause certaines de leurs croyances, qu’elle cherche à étouffer avec véhémence et cruauté.
De nombreuses autres espèces non-humaines douées de conscience partagent cet univers dans une paix plus ou moins relative, tels que les sorcières et les ours en armure, et l’on prend plaisir à les découvrir au cours de l’histoire.
Le roman ne se cantonne pas à un seul monde puisque Lyra sera amenée à en découvrir de nombreux autres (notamment le nôtre), plus ou moins similaires, et peuplés, parfois, de créatures fantastiques et étranges.

Les personnages sont tous charismatiques et bien travaillés. Lyra d’abord, est une jeune fille vive, enjouée, dynamique, casse-cou, un peu garçon manqué. Elle est également forte et courageuse, intelligente et imaginative, insolente et effrontée et j’ai vraiment aimé la suivre dans ce roman. On découvre l’univers et les personnages en partie à travers ses yeux, critiques et moqueurs parfois, et sa personnalité change et se modifie au cours des trois tomes : si ses réactions, ses expressions sont très enfantines au début, elle est plus calme, plus posée et plus adulte à la fin du roman. Et ce que j’ai vraiment apprécié, c’est de sentir l’écriture de l’auteur évoluer également avec son héroïne.
Les autres personnages ne sont pas en reste ! Qu’ils soient amis ou ennemis, on se prend d’affection pour eux (j’ai même versé quelques larmes suite à certains évènements de l’histoire, c’est dire à quel point l’auteur les a réussis). Philip Pullman leur a apporté autant de soin qu’aux héros principaux, leur donnant une vraie personnalité, de vraies motivations et les a eux aussi fait progresser au fil du texte.

Quant à l’histoire, elle comporte tout ce que j’aime : du fantastique, de la magie, de l’aventure et des réflexions philosophiques/théologiques. Si elle commence comme une mission de sauvetage, elle prend de plus en plus d’ampleur au fil des pages, et la Poussière sert de fil conducteur : crainte par les uns, mystère à élucider par les autres, elle se trouve au cœur de l’intrigue et est intiment liée au passage à l’âge adulte et à l’idée d’innocence et d’expérience. On y aborde de nombreux sujets et notions comme le courage, l’amitié, le sacrifice, la trahison, l’abus de pouvoir et la remise en cause de celui-ci lorsqu’il est mal utilisé, l’innocence, le péché, l’origine de la vie et de la conscience, la peur et la haine de l’inconnu et de l’etranger, … On parle aussi du passage à l’âge adulte, ce qu’il signifie et comment il se traduit. Ce livre peut d’ailleurs être lu par les enfants, qui apprécieront l’aventure et le fantastique, et redécouvert à l’âge adulte, une fois qu’on possède suffisamment de connaissances pour apprécier le côté philosophie/religion/jeu de pouvoir.

En bref, je n’ai qu’une seule chose à vous dire : lisez ce livre. Vraiment. Et faîtes le lire aux personnes autour de vous qui seraient passées à côté. C’est un roman comme on en fait peu, riche, complexe, intelligent avec des personnages vraiment attachants, que l’on prend plaisir à suivre et que l’on quitte avec regrets. Et aussi avec l’espoir de les retrouver un jour. Si comme moi, vous espérez en avoir plus, sachez que l’auteur à écrit de courts récits reprenant l’univers et certains personnages, et que BBC est sur le point de créer une mini-série adaptée de la trilogie (pour reprendre et achever ce qui avait été commencé au cinéma).
J’ai hâte !

Univers/originalité :
Personnage/charisme :
Histoire/ressenti :
Objet livre :
Moyenne

A

About the author

Graphiste dans le monde de l’édition, je vous propose de vous faire découvrir cet univers professionnel, ainsi que des chroniques littéraire et des ouvrages à la fabrication remarquable.

9 comments on “COUP DE CŒUR : À LA CROISÉE DES MONDES”

  1. AJ Répondre

    Super chronqiue !

    J’ai aussi trouvé ce livre de qualité même si je trouve parfois l’écriture un peu saccadée. j’ai parfois l’impression de m’essouffler en lisant.

    L’histoire est par contre d’une richesse extraordinaire

    • Mathieu Répondre

      Je suis bien trop fan pour voir les défauts (même si je sais qu’il y en a). Mais c’est le premier vrai gros roman que j’ai lu enfant, et il m’avait vraiment transporté, donc impossible pour moi d’être objectif j’en ai peur ^^.

  2. anne-irene Répondre

    Personnellement, je ne suis pas d’accord avec cette critique. Je n’ai lu que le dernier tome de ce roman parce qu’on m’avait dit qu’il y avait une scène érotique à la fin, mais je n’ai trouvé qu’un fouillis cryptique à base de fraises ! Comme je n’aime pas la salade de fruits, je lui mets 0/10.

    • Mathieu Répondre

      Zoé ! Je sais que c’est toi ! Cesse de salir cette scène avec ta perversité !

  3. La route des lecteurs Répondre

    Je n’ai jamais lu cette trilogie. Je n’ai vu que le film pour le moment … Je sais qu’il ne représente pas le livre mais je dois dire que cette histoire me tente vraiment ! Un jour, je lirais cette trilogie 😉

  4. L. K. Répondre

    Tu as l’édition de Folio Society ? Si oui, je serais extrêmement jalouse. Pour l’instant j’en suis à 3 éditions différentes en intégrale, et je me demande si je ne vais pas les acheter en tomes séparés… En tout cas, je suis bien d’accord avec toi, et c’est pour ça que j’en fais mon sujet de mémoire !

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