CRITIQUE DE LIVRE : A SLIVER OF STARDUST T01

C’est par hasard que je suis tombé sur ce livre (si l’on peut qualifier ainsi la page de suggestion d’Amazon), et je suis immédiatement tombé sous le charme de cette couverture.

Je connaissais déjà l’auteur, Marissa Burt, pour avoir lu ses deux premiers romans Storybound & Story’s End, qui sans être extraordinaires et bien que dédiés à un public plus jeune, m’avaient tout de même fait passer un bon moment, et je me suis dit « pourquoi pas ». Le résultat est malheureusement mitigé…


A SLIVER OF STARDUST livre I
de Marissa Burt

‘Twas once upon a time,
When Jenny Wren was young
how expertly she played and how prettily she sung.
The Ancient and Honorable Guild of the Fiddlers
invites Jennifer Wren Matthews to join their number »

Wren Matthews a toujours eu l’habitude d’être la plus intelligente. Mais ça c’était avant Simon Barker. Et avant qu’un faucon apparemment invisible à d’autres yeux que les siens ne s’invite à son concours de science, pour venir déposer sur son pupitre une missive recouverte d’une étrange poussière lumineuse et contenant une mystérieuse comptine.

En suivant ses instructions, les deux jeunes gens finissent par découvrir un univers dissimulé du commun des mortels : celui des magiciens et des alchimistes, capables de se servir de poussière d’étoile comme source de magie, et qu’ils sont invités à rejoindre en tant qu’apprentis.

Mais bientôt l’ombre d’un vieil ennemi et d’une guerre passée ressurgissent, et Wren pourrait bien avoir un rôle à y jouer…

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Le roman est un bel objet,très épais, relié avec jaquette en pelliculage brillant, et je dois reconnaître que l’illustration (de Jakob Eirich > portfolio) m’a vraiment tapé dans l’œil ! Je m’attendais tout de même à un logo en fer à chaud bleu/turquoise métallisé en voyant la couverture sur Internet, et finalement, il est « simplement » imprimé (ce qui ne gâche rien, c’est simplement différent de ce que je pensais). La couverture quant à elle est noire, mate, avec le logo en débossage (relief en creux) sur la première de couverture, et en fer à chaud turquoise métallique (there it is !!!) sur le dos. Vous pouvez retrouver les visuels à la fin de l’article.

L’univers, est assez intéressant. Il y a de bonnes idées de départ comme le fait de lier cet univers magique à des comptines pour enfants connues du grand public (américain par contre), qui permet d’ancrer le récit dans le monde réel et prétendre que celui qu’elle nous fait découvrir en est une continuité. J’ai aussi beaucoup aimé que la magie vienne des étoiles et que seuls quelques humains privilégiés puissent la voir et l’utiliser, les faucons familiers, avec en trame de fond un conflit à la Harry Potter… Mais le roman souffre d’un certain nombre de défauts qui m’ont empêché de vraiment accrocher. Et pourtant j’en avais envie.

Commençons par les personnages : ils ne sont pas assez approfondis pour que l’on puisse s’attacher à eux, et en particulier l’héroïne c’est plutôt dommage pour le coup. On ne sait pas vraiment qui ils sont ni ce qu’ils aiment (ah si, l’astronomie pour l’une et les animaux pour l’autre, et… rien d’autre. Sic). Au début du roman on nous dit qu’ils ne peuvent pas se voir (« neitheir of them could stand being around each other », p.8), et il aurait été intéressant de voir comment cela aurait pu influencer leur apprentissage de la magie, comment leur relation aurait évolué au fil des épreuves, et surtout, un duo de héros qui ne peuvent pas se sentir, ça reste relativement peu courant dans la littérature… mais non. Dès la réception de la lettre cryptique, ils décident de se retrouver pour la résoudre ensemble, sans que l’on ressente entre eux la plus petite anicroche. Et par la suite la « tension » ne sera que la frustration de l’héroïne à ne pas parvenir à communiquer avec son faucon (en même temps l’insulter ça marche moyennement…) là où Simon y réussit de manière très naturelle. Et même dans ces cas-là, elle lui trouvera des excuses pour ne pas lui en vouloir. Quant aux adultes de l’histoire, ils sont relativement absents et ne servent pas à grand-chose.

L’histoire suit le même schéma : on s’attend à plonger dans l’envers du décor des contes, rencontrer certains des personnages connus, peut être pour se rendre compte que la véritable version de ces histoires est toute autre, découvrir le quotidien des habitants de cet univers coupé du reste du monde, et apprendre à pratiquer une magie céleste,… Mais ça ne se produit jamais. La magie en elle même n’est pas suffisamment expliquée : il suffit de jeter en l’air de la poussière d’étoile (récupérée en broyant des comètes) et de faire des mouvements des mains tout en prononçant des sortes de rimes avant que le tout ne retombe par terre faut pas être asthmatique. Et bon, pourquoi pas, mais on ne le voit jamais apprendre. Tout juste nous dit-on qu’ils suivent des cours ou des instructions laissées par leur Maître (absente en permanence), et lorsqu’ils ont besoin de lancer un sort, pouf ils savent déjà comment faire. On ne fréquente quasiment jamais les autres apprentis et le refuge où tout ce beau monde vie n’est que superficiellement décrit.
L’ensemble est menacé par un ennemi supposé disparu qui pourrait trouver un moyen de prendre sa revanche et relancer la guerre passée entre magiciens et alchimistes, aidé par un traître présent sur place. Ce dernier serait à la recherche d’une clef capable d’ouvrir une porte des étoiles ® un portail dans le ciel. Et forcément les adultes mobilisant toutes leur ressources et compétences pour résoudre cette affaire, c’est aux enfants de s’en occuper.
Et c’est là que l’héroïne devient exaspérante. Elle commence à faire des rêves étranges où elle se retrouve dans un lieu inconnu, avec des gens qui parlent de complots, de guerre, de magicien à stopper avant qu’il ne réussisse. Et quand ces gens la voient, il l’appelle tous « dreamer » et lui demande de les aider… En parallèle on lui apprend qu’elle possède un don très rare qui lui permet de contrôler la météo via ses émotions. Et que les gens qui possèdent ce don ont également très souvent celui de voyager en rêves (tient donc !). Et que l’ennemi tant redouté le possédait également. Et… rien. Vraiment. RIEN. L’héroïne, pourtant décrite comme super intelligente (genre surdoué) ne fera pas le lien avant la toute fin du récit. Même quand en rêve un vieux monsieur effrayant mais qui peut-il bien être ? la marque d’un sort et lui dit « tu m’appartiens désormais », elle ne comprend pas. Que c’est réel. Qu’elle.Voyage.En.Rêve. Plutôt limitée pour une surdouée…
Et le traître ? L’auteur tente maladroitement de nous mettre sur plusieurs pistes, de nous faire douter de plusieurs personnages, mais ça ne prend pas. Mais pourquoi me demanderez-vous ? Principalement parce que nous faire croire qu’un personnage est louche, pour ensuite ne plus jamais nous parler de lui de tout le roman ça fonctionne moyennement.
Quand au vrai, on l’identifie relativement tôt et c’est plutôt dommage, l’évolution du caractère/comportement du personnage n’étant pas suffisamment subtile (tient, ce personnage si joyeux et si ouvert, devient taciturne, élude quand on tente de parler de sa vie privée, d’où il vient, à quoi ressemble son grand-père mais qui peut-il bien être . Ce doit être dû aux hormones).

Bon au final, même si je suis très critique envers ce bouquin, il faut garder à l’esprit que c’est un livre pour les 8-12 ans, qui s’attachent plus à l’histoire et à l’univers qu’à la construction et à l’évolution des personnages. C’est simplement dommage parce qu’avec un peu plus de travail il aurait aussi pu plaire à un public plus âgé.
Je lirai probablement le tome 2, mais la couverture à intérêt à être belle ça m’apprendra aussi à juger un livre à sa couverture !

Univers/originalité :
Personnage/charisme :
Histoire/ressenti :
Objet livre :
Moyenne

 

About the author

Graphiste dans le monde de l’édition, je vous propose de vous faire découvrir cet univers professionnel, ainsi que des chroniques littéraire et des ouvrages à la fabrication remarquable.

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